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L'option Communication de l'ESAD (l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg) a formé des générations de graphistes, d'illustrateurs, d'auteurs qui pour une bonne part travaillent dans l'Édition. Elle est composée de trois ateliers : Didactique Visuelle, Graphisme et Illustration. Ce dernier atelier est le plus ancien, il a été fondé et piloté par Claude Lapointe pendant plus de 30 ans.

Personnellement, j’y ai appris l’image narrative dans les années 80-86, ce qui m’a permis de faire ensuite de la bande dessinée. L’atelier n’a jamais eu de véritable spécificité "BD", mais force est de reconnaître que l’enseignement convenait déjà à ce médium alors en pleine expansion.
J’y ai côtoyé entre autres John Howe, Serge Bloch, Partick Deubelbeiss ou Laurent Hirn... Dans les années 90 sont sortis, excusez du peu Blutch, Marjane Satrapi, Catel, Chabouté, Jérôme Jouvray, Fred Pontarolo, Cyril Bonin...

En 1997, j’ai rejoint l’équipe pédagogique comme chargé de cours pour installer des cours spécifiques à la bande dessinée. Je suis très heureux d’avoir pu accompagner une nouvelle génération d’auteurs qui sont entrain de se faire un nom comme Mathieu Sapin, Lisa Mandel, Boulet, Dimitri Planchon, Bill et Gobi, Simon Hureau, Sylvain Moizie, Nicolas Wild, Erwann Surcouf, Stéphane Perger et j’en oublie...
Les plus récents comme Camille Jourdy (prix RTL) ou Glen Chaperon, ouvrent la route à ceux qui viennent tout juste de quitter l’école auréolés du prix jeune talents : Guillaume Chauchat prix 2010 Clément Paur Prix 2009 ou Kiung Eun Park Prix 2007... (Et je ne parle pas des illustrateurs encore plus nombreux)
Des Editions Soleil à l'Association, de Bayard Presse à Six Pieds sous terre, en passant par Delcourt, Dargaud ou la micro-édition, tous les éditeurs de France ont fait travailler des anciens étudiants de cette école.

Or ce fleuron de l’enseignement de l’image narrative est aujourd’hui gravement menacé.


En effet, la mutation de notre établissement en EPCC et le passage au système "Licence-Master-Doctorat" sont invoqués pour justifier la réduction envisagée des effectifs pédagogiques et étudiants de l’option Communication.
- Encore moins de moyens matériels (alors qu’on en manque cruellement)
- Exit les chargés de cours (et leur spécialités “BD” “Expérimentations graphiques” “Psycho de l’enfance”, etc )
- Moins d’étudiants (réduire à 15, puis 8 à 10 max au diplôme)
- Supprimer les équivalences (cad arrêter le recrutement extérieur) Donc plus de BTS (Duperré ou autres) et plus d’élèves de St Luc, d’Epinal, d’Angoulême, ...
Tout ce qui justement faisait l’émulation de ces 15 dernières années...
Et ce dès la rentrée 2010. et accessoirement :
- changement du nom de l’école en “Beaux Arts”
en faire une banale école des Beaux Arts de province) alors qu’on était les seuls avec Paris à s’appeler Arts Décoratifs. Le terme "Beaux arts" nous éloignant encore plus de la com
- faire un diplôme COM sans distinction entre Graphisme et Illus, par exemple.
On peut imaginer la fragilité d'une option réduite à la portion congrue, et sa disparition à moyen terme...

Même si aucune consigne "d'en haut" concernant les effectifs n'est parvenue au directeur Otto Teichert. Même si l'option Communication est un atout majeur pour cette école, sa spécificité même, qui pourrait être un atout de poids dans la compétition entre écoles d'art bien engagée au niveau européen... Même si l'option a formé et forme encore des auteurs majeurs, de l'album, en passant par le dessin de presse ou la bande dessinée, elle a acquis une dimension internationale.
Même si depuis peu Strasbourg s'est doté d'un centre de ressources en Illustration, du musée Tomi Ungerer, vient d'éditer une revue européenne de l'illustration, Blutch, est dans quelques jours président du festival d'Angoulême, l'exposition des 25 ans du salon du livre de Montreuil présentait 25 auteurs en Novembre dernier, dont 9 issus des Arts décos, etc... N'en jetons plus !

A première vue, c’est tout à fait incompréhensible. Ces attaques ne peuvent qu'être "idéologiques" à défaut d'être rationnelles et raisonnables... La Communication n'aurait rien à faire dans une école d'Art dont elle ne serait pas digne ?

Les étudiants actuels de l'école tiennent un blog que vous pouvez consulter > ici

Mais surtout, auteurs, éditeurs, institutionnels, vous pouvez soutenir l'option Com de l'Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg en signant la pétition ci-dessous :

Pétition de soutien : je dis non à la destruction de l'ESAD de Strasbourg

MISE À JOUR 25/06/2010
La mobilisation de tous a porté ses fruits,
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